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Politesse et savoir vivre en Chine Par Sylvie T.
le 04/12/2010 21:22
Ce qui m’a le plus choqué là-bas c’est la rudesse des contacts dans la rue. Pas de politesse sociale comme chez nous. Quand de surcroît on ne parle pas la langue, on se sent complètement perdu et isolé ».
Je souris. Evidemment, c’est l’une des plus grandes différences ! Mais affirmer que les Chinois ne sont pas polis est une méconnaissance totale de la culture locale.
Les marques de politesse ont évolué en Chine de façon très marquée. A l’époque des empereurs, c’est à dire jusqu’à la fin du XXe siècle, on s’inclinait jusqu’à frapper trois fois son front à terre lors d’audiences avec des ministres et autres personnages haut placés. L’ère communiste a renforcé le renversement de « l’ère féodale » et le nivellement des individus. Avec la célèbre formule de « camarade » plus de niveaux hiérarchiques à distinguer. On n’utilise plus guère aujourd’hui que quelques formules consacrées telles que le terme affectueux de « ayi » (lorsque l’on s’adresse à une dame plutôt âgée et inconnue) ou le titre de la personne (« laoban » (patron) ou professeur / directeur Li) pour interpeller quelqu’un.
Quand on rentre dans un magasin, on n’utilise pas les « mots magiques » comme l’apprennent nos enfants dans les écoles. A peine de bonjour, merci ou au-revoir. On pointe souvent du doigt l’article convoité en demandant : « Ce truc-là, ça coûte combien ? ». Quand une négociation de marchands de tapis ne s’engage pas, on peut juste émettre quelques gloussements gutturaux « mm », payer et s’en aller. Bousculades et trucs pour se faufiler dans les queues et arriver le premier sont monnaie courante.
Pourtant, j’ai remarqué des évolutions d’année en année dans les deux capitales, économique et politique. A Shanghai par exemple, les usagers du métro se bousculent moins pour entrer et prendre d’assaut l’une des rares places assises. Tout le monde déployait auparavant une énergie considérable comme si c’était une question de survie, au mépris total de l’Autre. L’influence des Jeux Olympiques en 2008 à Beijing et de l’exposition universelle qui vient de se terminer à Shanghai est certaine. Le gouvernement avait mis en place des programmes de formation auprès du personnel potentiellement en contact avec les étrangers. Interdit de cracher par terre, de bousculer etc. Image, image, toujours soigner l’image de la Chine !
A contrario, tous les Occidentaux reçus dans l’Empire du Milieu soulignent unanimement l’exquise politesse et bienveillance des Chinois à leur égard. Les soins réservés aux hôtes de marque, considérés comme des amis venant de loin, selon la formule de Confucius, apparaissent comme agréablement surprenants aux Occidentaux. Nous ne savons d’ailleurs jamais rendre la politesse à la même hauteur quand les Chinois sont en visite dans notre pays. Par contre, tout autant surprenante pour nous est l’absence de « petits gestes » au sein des membres d’une même famille. Un couple se tiendra légèrement à distance et pas de « mercis » pour ponctuer la vie courante.
Que comprendre de ce système de politesse ? C’est en fait bien simple. Les rapports sociaux sont réglés entre « ceux qui font partie du cercle » et les autres. On accorde une très grande importance aux personnes de l’intérieur du cercle (famille, collègues de travail, camarades de classe, amis etc.) et l’on ignore les autres. Mais comme tout le reste, tout évolue très vite en Chine ! sylvie@anne-et-vous.com
| Loin de nous les habitudes occidentales ! Une jeune femme rencontrée dans l’avion de retour de Beijing mi-novembre, me confiait à quel point ce voyage en Chine avait été un choc pour elle. Musulmane née en Algérie et occupant à Paris un poste à responsabilités sur l’Europe, elle est habituée à la différence, ou tout du moins le croyait-elle. | ![]() |
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Je souris. Evidemment, c’est l’une des plus grandes différences ! Mais affirmer que les Chinois ne sont pas polis est une méconnaissance totale de la culture locale.
Les marques de politesse ont évolué en Chine de façon très marquée. A l’époque des empereurs, c’est à dire jusqu’à la fin du XXe siècle, on s’inclinait jusqu’à frapper trois fois son front à terre lors d’audiences avec des ministres et autres personnages haut placés. L’ère communiste a renforcé le renversement de « l’ère féodale » et le nivellement des individus. Avec la célèbre formule de « camarade » plus de niveaux hiérarchiques à distinguer. On n’utilise plus guère aujourd’hui que quelques formules consacrées telles que le terme affectueux de « ayi » (lorsque l’on s’adresse à une dame plutôt âgée et inconnue) ou le titre de la personne (« laoban » (patron) ou professeur / directeur Li) pour interpeller quelqu’un.
Quand on rentre dans un magasin, on n’utilise pas les « mots magiques » comme l’apprennent nos enfants dans les écoles. A peine de bonjour, merci ou au-revoir. On pointe souvent du doigt l’article convoité en demandant : « Ce truc-là, ça coûte combien ? ». Quand une négociation de marchands de tapis ne s’engage pas, on peut juste émettre quelques gloussements gutturaux « mm », payer et s’en aller. Bousculades et trucs pour se faufiler dans les queues et arriver le premier sont monnaie courante.
Pourtant, j’ai remarqué des évolutions d’année en année dans les deux capitales, économique et politique. A Shanghai par exemple, les usagers du métro se bousculent moins pour entrer et prendre d’assaut l’une des rares places assises. Tout le monde déployait auparavant une énergie considérable comme si c’était une question de survie, au mépris total de l’Autre. L’influence des Jeux Olympiques en 2008 à Beijing et de l’exposition universelle qui vient de se terminer à Shanghai est certaine. Le gouvernement avait mis en place des programmes de formation auprès du personnel potentiellement en contact avec les étrangers. Interdit de cracher par terre, de bousculer etc. Image, image, toujours soigner l’image de la Chine !
A contrario, tous les Occidentaux reçus dans l’Empire du Milieu soulignent unanimement l’exquise politesse et bienveillance des Chinois à leur égard. Les soins réservés aux hôtes de marque, considérés comme des amis venant de loin, selon la formule de Confucius, apparaissent comme agréablement surprenants aux Occidentaux. Nous ne savons d’ailleurs jamais rendre la politesse à la même hauteur quand les Chinois sont en visite dans notre pays. Par contre, tout autant surprenante pour nous est l’absence de « petits gestes » au sein des membres d’une même famille. Un couple se tiendra légèrement à distance et pas de « mercis » pour ponctuer la vie courante.
Que comprendre de ce système de politesse ? C’est en fait bien simple. Les rapports sociaux sont réglés entre « ceux qui font partie du cercle » et les autres. On accorde une très grande importance aux personnes de l’intérieur du cercle (famille, collègues de travail, camarades de classe, amis etc.) et l’on ignore les autres. Mais comme tout le reste, tout évolue très vite en Chine ! sylvie@anne-et-vous.com
