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Manger, une religion en Chine... Par Sylvie T.
le 31/03/2011 17:17
« Ba yishi wei tian » ou « manger c’est le paradis », comme l’affirme le diction, est bien une réalité quotidienne. On aime avant tout manger dans ce pays. Les Chinois grignotent à longueur de journée des graines de courge ou de tournesol et toutes sortes de denrées achetées dans les petits magasins de quartier ouverts jusqu’à 23h, allant du tofu séché et mariné aux pattes de poulet… L’été les glaces connaissent un franc succès. Si les Chinois restent par nature minces, l’obésité a fait son entrée dans l’Empire du Milieu, surtout parmi la jeunesse qui consomme des sodas en grande quantité.
Traditionnellement, la nourriture est considérée comme un moyen de garder une bonne santé. Si chaque individu possède un « capital santé à la naissance » qu’il ne peut modifier, la médecine chinoise indique que le style de vie et la nourriture que l’on ingurgite au cours de son existence ont tous deux un impact important permettant d’améliorer ou d’aggraver la situation originelle.
La diététique chinoise fait partie de la vie quotidienne dont les préceptes se transmettent de génération en génération. Même la classe de l’enfant unique qui ne sait plus faire la cuisine a gardé les germes de cette tradition ancestrale. Les aliments doivent être variés en genre d’où l’habitude de servir au moins trois plats pour un simple repas, en plus du riz et bien souvent de la soupe. Chaque repas doit combiner les cinq saveurs (salé, sucré ou plutôt doux, amer, acide et piquant) et corriger les quatre natures (froid, frais, neutre, tiède et chaud) en fonction de l’état de son corps et de la saison. Prenons un exemple. L’hiver est associé à la saveur salée et au froid. Il est donc important de réchauffer le corps par des aliments appropriés. En transposant ce principe dans notre nourriture occidentale, nous avons intérêt par exemple à équilibrer le froid de l’endive, légume typique de l’hiver, par l’adjonction de noix qui vont apporter la chaleur nécessaire au corps. Nous retrouvons là une des idées centrales de la pensée chinoise consistant à éviter les excès et viser l’harmonie. La viande en Chine ancienne était réservée aux gens riches et aux festins. En Chine moderne s’enrichissant à grand pas, la viande et en particulier de petits morceaux de porc sont présents dans de nombreux plats de légumes. Difficile donc d’y échapper sans effort. Le courant du bouddhisme a pourtant favorisé le développement d’une nourriture végétarienne que l’on peut encore déguster aujourd’hui dans les restaurants des monastères. Le tofu, découvert il y a 2 100 ans par un alchimiste taoïste, est la réponse idéale pour tous les végétariens. Ce « fromage » de graines de soja fermentées est l’aliment de santé par excellence. Il est en particulier préconisé pour combattre les maux de la vieillesse. Il existe des formes très variées et dont chacune porte un nom spécifique, un peu comme nos fromages : le tofu blanc et soyeux, mais aussi le tofu « gelé » qui ressemble à une éponge, le « vieux » tofu, ferme et présentant une couleur extérieure brunâtre, le tofu séché, vendu en cubes ou en lamelles comme des pâtes… A Taïwan, on se régale de tofu puant. Les recettes sont aussi nombreuses que l’imagination des Chinois. En précisant bien clairement la situation à ses hôtes avant le repas, il sera donc toujours possible en Chine, avec un peu de bonne volonté, de faire l’impasse de la viande. Si l’on consomme en plus des œufs et du poisson, la situation n’en sera que plus facile. Bon appétit ! sylvie@anne-et-vous.com
| Manger, une religion en Chine… mais avant tout un moyen d’entretenir sa santé. Lors d’une formation interculturelle, un de mes clients m’indiquait récemment qu’il était végétarien. Comme il s’apprêtait à partir en expatriation à Shanghai à un poste de direction, il s’est soudainement inquiété de sa spécificité. Pourrait-il se nourrir facilement et participer, sans froisser ses hôtes chinois, aux nombreux banquets qui jalonnent la vie des affaires en Chine ? | ![]() |
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La diététique chinoise fait partie de la vie quotidienne dont les préceptes se transmettent de génération en génération. Même la classe de l’enfant unique qui ne sait plus faire la cuisine a gardé les germes de cette tradition ancestrale. Les aliments doivent être variés en genre d’où l’habitude de servir au moins trois plats pour un simple repas, en plus du riz et bien souvent de la soupe. Chaque repas doit combiner les cinq saveurs (salé, sucré ou plutôt doux, amer, acide et piquant) et corriger les quatre natures (froid, frais, neutre, tiède et chaud) en fonction de l’état de son corps et de la saison. Prenons un exemple. L’hiver est associé à la saveur salée et au froid. Il est donc important de réchauffer le corps par des aliments appropriés. En transposant ce principe dans notre nourriture occidentale, nous avons intérêt par exemple à équilibrer le froid de l’endive, légume typique de l’hiver, par l’adjonction de noix qui vont apporter la chaleur nécessaire au corps. Nous retrouvons là une des idées centrales de la pensée chinoise consistant à éviter les excès et viser l’harmonie. La viande en Chine ancienne était réservée aux gens riches et aux festins. En Chine moderne s’enrichissant à grand pas, la viande et en particulier de petits morceaux de porc sont présents dans de nombreux plats de légumes. Difficile donc d’y échapper sans effort. Le courant du bouddhisme a pourtant favorisé le développement d’une nourriture végétarienne que l’on peut encore déguster aujourd’hui dans les restaurants des monastères. Le tofu, découvert il y a 2 100 ans par un alchimiste taoïste, est la réponse idéale pour tous les végétariens. Ce « fromage » de graines de soja fermentées est l’aliment de santé par excellence. Il est en particulier préconisé pour combattre les maux de la vieillesse. Il existe des formes très variées et dont chacune porte un nom spécifique, un peu comme nos fromages : le tofu blanc et soyeux, mais aussi le tofu « gelé » qui ressemble à une éponge, le « vieux » tofu, ferme et présentant une couleur extérieure brunâtre, le tofu séché, vendu en cubes ou en lamelles comme des pâtes… A Taïwan, on se régale de tofu puant. Les recettes sont aussi nombreuses que l’imagination des Chinois. En précisant bien clairement la situation à ses hôtes avant le repas, il sera donc toujours possible en Chine, avec un peu de bonne volonté, de faire l’impasse de la viande. Si l’on consomme en plus des œufs et du poisson, la situation n’en sera que plus facile. Bon appétit ! sylvie@anne-et-vous.com
